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Lorsqu’une situation familiale concerne un enfant mineur, plusieurs magistrats peuvent être amenés à intervenir. Parmi eux, le juge aux affaires familiales et le juge des enfants occupent une place centrale. Bien qu’ils puissent tous deux prendre des décisions concernant un enfant, leurs missions, leurs pouvoirs et les procédures dont ils sont saisis sont différents.
Le juge aux affaires familiales intervient principalement pour régler les conséquences d’une séparation parentale ou d’un désaccord entre les titulaires de l’autorité parentale. Le juge des enfants exerce quant à lui une mission de protection lorsqu’un mineur est considéré comme étant en danger ou risque de l’être.
Comprendre la distinction entre ces deux magistrats permet de mieux identifier la procédure adaptée à chaque situation et de savoir vers quelle juridiction se tourner.
Le juge aux affaires familiales (JAF) est compétent pour statuer sur les litiges relatifs à l’exercice de l’autorité parentale et aux conséquences familiales d’une séparation.
Son intervention a pour objet d’organiser les relations entre les parents et leurs enfants lorsque les parties ne parviennent pas à trouver un accord ou lorsqu’une décision judiciaire est nécessaire.
Le juge aux affaires familiales statue toujours en recherchant l’intérêt supérieur de l’enfant, principe fondamental consacré par le droit français et les conventions internationales relatives aux droits de l’enfant.
Le juge aux affaires familiales peut notamment :
Le juge des enfants intervient dans le cadre de la protection de l’enfance.
Sa compétence résulte principalement des dispositions relatives à l’assistance éducative prévues par le Code civil. Son intervention est justifiée lorsqu’un mineur se trouve en danger ou lorsque ses conditions d’éducation, de développement, de santé ou de sécurité sont gravement compromises.
Le juge des enfants n’a pas pour mission de régler un conflit parental. Son rôle consiste à évaluer la situation du mineur et à mettre en place les mesures nécessaires à sa protection.
Selon les circonstances, le juge des enfants peut :
La saisine du juge aux affaires familiales est adaptée lorsqu’un désaccord porte sur l’exercice de l’autorité parentale ou sur l’organisation de la vie de l’enfant.
Après une séparation ou un divorce
Le juge peut être saisi afin de fixer la résidence de l’enfant, les droits de visite et d’hébergement ou encore la contribution financière de chacun des parents.
En cas de désaccord entre les parents
Certaines décisions importantes relatives à la scolarité, à la santé, à la religion ou au lieu de résidence de l’enfant peuvent nécessiter l’intervention du juge.
Pour modifier une décision existante
Les mesures relatives aux enfants peuvent être révisées lorsqu’un changement significatif intervient dans la situation familiale, personnelle ou professionnelle des parents.
Le juge des enfants intervient lorsqu’une situation de danger affecte le mineur.
En présence de violences
Les violences physiques, psychologiques ou sexuelles peuvent justifier une mesure de protection judiciaire.
En cas de carences éducatives graves
L’intervention du juge peut être envisagée lorsque les besoins fondamentaux de l’enfant ne sont plus assurés de manière satisfaisante.
Lorsque la santé, la sécurité ou la moralité du mineur sont compromises
Cette situation peut résulter de difficultés familiales importantes, d’addictions, d’un environnement particulièrement dégradé ou de tout autre élément susceptible de mettre en péril le développement de l’enfant.
À la suite d’un signalement
Le juge des enfants peut être saisi notamment après la transmission d’une information préoccupante ou sur requête du procureur de la République.
Oui.
Les compétences du juge aux affaires familiales et du juge des enfants sont distinctes et peuvent s’exercer simultanément.
Une procédure devant le juge aux affaires familiales portant sur la résidence d’un enfant ou l’exercice de l’autorité parentale n’empêche pas l’ouverture d’une procédure d’assistance éducative devant le juge des enfants si les conditions légales sont réunies.
Par exemple, un désaccord parental sur la résidence d’un enfant peut relever du juge aux affaires familiales, tandis qu’une situation de danger nécessitant des mesures de protection relève du juge des enfants.
Oui.
Lorsque la protection du mineur l’exige, les mesures d’assistance éducative peuvent conduire à aménager certaines modalités initialement fixées par le juge aux affaires familiales.
Les deux magistrats exercent alors leurs compétences respectives dans un objectif commun : la préservation de l’intérêt de l’enfant.
Devant le juge aux affaires familiales
Le mineur capable de discernement dispose du droit d’être entendu dans toute procédure le concernant.
Cette audition peut être demandée par l’enfant lui-même ou décidée par le juge lorsqu’il estime qu’elle est utile à la résolution du litige.
L’audition ne confère pas à l’enfant un pouvoir de décision. Elle permet au magistrat de recueillir son point de vue sur les questions qui le concernent.
Devant le juge des enfants
L’audition du mineur occupe une place importante dans les procédures d’assistance éducative.
Le juge des enfants peut recevoir l’enfant afin de mieux comprendre sa situation, son environnement et ses besoins de protection.
Selon son âge et son degré de maturité, le mineur peut être entendu à plusieurs reprises au cours de la procédure.
L’enfant peut-il être assisté par un avocat ?
Oui.
Le mineur peut être assisté par un avocat chargé de défendre exclusivement ses intérêts.
Cette possibilité existe aussi bien devant le juge aux affaires familiales que devant le juge des enfants.
En résumé
Le juge aux affaires familiales et le juge des enfants interviennent tous deux dans les situations impliquant un mineur, mais leurs compétences répondent à des objectifs différents.
Le juge aux affaires familiales organise les modalités d’exercice de l’autorité parentale, la résidence de l’enfant et les relations entre les parents après une séparation ou en cas de désaccord. Le juge des enfants intervient lorsqu’une mesure de protection est nécessaire en raison d’un danger affectant le mineur ou compromettant son développement.
Les deux procédures peuvent être engagées simultanément lorsqu’une situation familiale le justifie. Dans ce contexte, l’accompagnement par un avocat en droit de la famille permet d’identifier la juridiction compétente et de défendre efficacement les intérêts de l’enfant et de sa famille.
Maître Élodie Gigant, avocat en droit de la famille, accompagne les familles confrontées à ces problématiques à Draguignan, Fréjus, Saint-Raphaël, Roquebrune-sur-Argens et dans l’ensemble du Var.

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